Keywords:
Underground militarization, subterranean secrets, cosmic principles, geomorphology, the porous self

Resume:
The planet as a terrain of war. The human skin as an transition between inside and out.

Listen to your holes, video projection, "Memorias Intimas Marcas", MuHKA Antwerpen, 2000
Curator: Fernando Alvim

The artists selected were: Fernando Alvim (Angola), Bili Bidjocka (Cameroun), Willem Boshoff (South Africa), Gast Bouschet (Luxembourg), Abrie Fourie (South Africa), Carlos Garaicoa (Cuba), Kendell Geers (South Africa), Kay Hassan (South Africa), Aimé Ntakiyica (Burundi), Toma Luntumbue (Kongo), N'Dilo Mutima (Angola), Colin Richards (South Africa), Jan van der Merwe (South Africa), Minette Vári (South Africa).

... Gast Bouschet's film, 'Listen to your holes 1999' sets images of military camps against those of civilian constructions. Apparently shot in secret from a moving car, the video seems to be utterly inhabited by military secrets, an imminent and underlying danger. A work that is unsettling and paranoid, yet funny in its confusion between normality and a state of siege,' Listen to your holes' is both a part of the exhibition and a commentary on it...

(Anne Pontegnie, ArtForum, May 2000)

...For a video installation shown in Vienna in 2000, “listen to your holes”, Gast Bouschet travelled through the area of Colorado and Wyoming that acquired particular significance as a military base during the Balkan war. This is where the war in Europe was observed and controlled from underground. A few hundred meters above, on the surface, the residents of this area were confronted with reports on this war, thousands of miles away, in a way that was pictorially very concrete, but emotionally very abstract...

(extract from a text by Maren Richter)

... During the Kosovo war it could have been obvious for a journalist to travel to Kosovo to take images. Gast Bouschet moved in the opposite direction. He went to North America and filmed out of a car secret pictures of Wyoming. Why here, in the middle of the American rural heartland? Well, some hundred meters down below the ground there's a nuclear shelter where the intercontinental missiles, as well as the commanding posts, that guided the missions of the troops in Kosovo war were installed. Gast Bouschet had a very close look at the surface of this area, which is strangely and paradoxically connected to this war. Up the ground, people were watching pictures of the Kosovo war, that took actually place in a very concrete sense below their feet. So he is a releaser of picture machines, which are evidently military according to Virilio. His work title “ listen to your holes “ is hard to understand, particularly since we do not have a relation to the tradition of miners. In the mines it was absolutely necessary to hear the approaching danger, if there were noises, which indicated danger. This endangering, that exists similarly and specially in our contemporary world, always close to war, has been switched together in a very dense form...

(extract from a speech given by Prof. Bernd Schulz on the occasion of the SR Medienkunstpreis 2002)

Cosmic Drives (expanding/contracting), photographies, 1998-2002

... L'oeuvre de Bouschet s'organise autour de deux axes qui finissent par se rejoindre: principalement l'exploration et l'interrogation du moi, de la personne, de son parcours; à l'autre bout, l'évocation du cosmos comme espace de l'humain archétypal et de son insondable mystère.

(Anne Wauters, art et culture, 1994)

Cosmic Drives (expanding/contracting), photographies, 1998-2002

En partant de la révélation de ce qu'on a appelé, en parlant du cinéaste Jean-Luc Godard, un univers dans une tasse de café, le lyrisme des choses apparemment banales se trouve ici singulièrement décuplé en parallèles qui renversent les dimensions et aspects communément admis. Tout en gardant leur propre nature, les objets, en réfléchissat des images opposées, appellent des connotations qui transforment directement dans l'image la matière en pensée.

(Francois Olivieri, 1994)

Zona del silencio, Mexico-City, videoprints 1998

Ceux qui ont déjà eu l'occasion de découvrir par le passé le travail de Gast Bouschet, savent le choc que celà procure. Bouschet ne lésine pas sur les moyens à mettre en oeuvre pour nous faire entrer dans son travail. Il prend à chaque fois possession de l'espace et son travail y est développé, articulé, modulé afin d'assurer l'amplitude poétique maximale. Si Bouschet travaille en synergie avec les lieux, il ne faudrait pas y voir des oeuvres in situ risquant de perdre leur sens au premier déménagement. Il pense à faire plus que montrer des images; elles doivent vibrer. Les formats, les matières, les agencements dans l'espace contribuent à l'émotion, à leur rendre vie et à nous rentrer dedans.

(Jean-Louis Godfroid, Editorial, Revue Contretype, Novembre- Décembre 1994)

Radio Cosmos
Left: installation view, Les Glaçières, Brussels 2000
Right: poster, Glasgow Underground 1998

Centre fermé de Steenokkerzeel, église du Béguinage, cités-dortoirs... autant de lieux évocateurs de de que l'on est parvenu à définir - et donc à mettre à distance - par le terme 'd'exclusion'. or ce sont précisément ces lieux, et les êtres qui y sont liés, que Gast Bouschet a décidé d'inclure dans son travail. S'interrogeant sur la validité du modèle occidental percu comme paradis économique par les pays dits 'dépendants', l'artiste reconstitue ici les liens nord-sud via un échange sonore entre les mariachis des rues de Mexico et la tour d'émission de la RTBF.

(Jean-Louis Godefroid, introductory text to Radio Cosmos in B8, 1999)

Between skin and thing, photography, 1995

A la mesure du corps - on Rudolf Bonvie and Gast Bouschet:

... Quoi qu'oeuvrant dans un champ sensiblement different – photographie 'pure', choix systématique du noir et blanc – c'est aussi d'une certaine facon la question du corps et de sa mesure au monde qu'interroge Gast Bouschet dans 'Between skin and thing'. Entre peau et chose, Bouschet cherche obstinément les interstices où viennent se loger de secrètes correspondances: ainsi entre un grain de peau et la surface d'un sol, entre un pouce érigé et la courbe d'une pierre...

Dans ces images très denses, aux gris presques sales, aux noirs très opacifiés, un visage devient minéral, une pierre s'humanise. Pour autant, les correspondances ne sont point heureuses, et s'il se joue quelque chose comme une phénoménologie – à la surface des êtres et des choses – il s'agit manifestement d'une phénoménologie de la faille et de la dissonance. Ici la nature n'est jamais élégiaque – mais tortueuse, fendue, blessée – et le corps, les visages, les yeux et les mains s'offrent comme des chairs ravinées.

Pas de fantasme de bonheur ni de féconde rencontre entre l'homme et la nature: jamais l'homme ne se fond dans la nature. Ce sont ces blessures qui entrent en écho avec les sols arides, les terres craquelées, les branches tortueuses. Mais si la 'relation épidermique est éprouvante', elle est aussi 'généreuse' (Claude Lorent): comme chez Bonvie, la matière est là, presque entêtante dans son appel au contact, au toucher, même si l'on devine que ce toucher ne se fera jamais caresse. Morsures et cavités: les mains, offensives, grattent, pincent, écorchent. Les doigts qui s'enfoncent dans la peau comme dans des trous, les ongles rongés, écorchés, les lèvres qui se mordent se donnent à la fois comme 'microgestes' et comme une trouble allégorie de la discordance, de 'l'inconfort d'un être dans sa relation au monde'.

(Dominique Baqué, artpress,mars 1996)

Between skin and thing, photographies, 1995

Der Körper als Landschaft

(...) Gast Bouschets Fotografien sind, um es gleich vorweg zu nehmen, im wahrsten Sinne des Wortes atemberaubend. Sie konfrontieren den Betrachter mit einer Landschaft, wie sie verwirrender, schöner und zugleich befremdlicher nicht sein kann, mit dem menschlichen Körper nämlich. Eine Stirn, ein geschlossenes Auge, der Nasenansatz. Darüber das Dunkel des Haaransatzes. Auf der ausgelichteten Haut sind alle Unreinheiten mit deutlicher Brutalität zu erkennen. Auf dem Tafelbild ist die Materialität der Haut nahezu greifbar. En Foto als Topographie der menschlichen Beschaffenheit, des Unebenmasses, der Nichtperfektion. Die Haut, das Gesicht als Reflexion des Lichtes: das Licht als eigentliche Struktur des Bildes. Das riesenhafte Porträt eines Daumens, deutlich sichtbar die Linien der Haut, ein bizarres und zugleich unheimlich regelmässiges Labyrinth, einer Skulptur aus Fleisch nicht unähnlich. Dieses Foto bricht die Trennung zwischen blosser Abbildung, Kreation und Skulptur auf, indem sie in unserem Kopf die Decodierungsmechanismen all jener Strukturen freisetzt, die unser Sehen und die Reflektion darüber überdeterminieren.

Bouschets Fotografien lösen in unserem Kopf und in unseren Gefühlen jene Schranken auf, die uns die künstliche Trennung der Kunstgenres in der bürgerlichen Öffentlichkeit aufzwingt. Bouschet lässt uns die Unmittelbarkeit des menschlichen Körpers physisch erleben und intellektuell verarbeiten, indem die Chiffren seiner Fotos semiotische Erkenntnisse freisetzen und miteinander in Verbindung bringen. Wer assoziert bei seinen Fotos der Körper- und Hautpartien nicht sofort diesen visuellen Schock mit den Felsenbildern, die er geschickt in den Räumen verteilt hat. Diese Felsenbilder bestätigen deutlich sichtbar beim Betrachter die intellektuellen und emotionalen Prozesse, die beim Ansehen dieser Fotos in uns ablaufen.

Bouschet spielt gekonnt mit dem Licht, der Tiefe, den topographischen Analogien zwischen dem menschlichen Körper und Landschaftspartien. Seine Fotos sind einzeln genommen, kleine Meisterwerke, seine Austellung “Between Skin and Thing” ist als Ganzes eine hervorragende Lektion in “neuem Sehen”. Falls es eines Beweises bedürft hätte, wie automatisch und unabhängig von unserem Willen, visuelle Mikrostrukturen in uns denken und sehen und wie diese emotionalen und intellektuellen Prozesse in uns ablaufen beim Anblick eines Bildes oder einer Fotografie, diese Austellung “Between Skin and Thing” liefert ihn uns. Menschliche Erkenntnisse und ästhetischer Genuss sind nichts als eine Abfolge von Analogien in unserem Hirn und Nervensystem. Wer diese “totalitäre” “strukturalistische” Einsicht nicht zu teilen vermag, sollte sich “Between Skin and Thing” unbedingt ansehen.

Diese Ausstellung, die sich anzusehen, ein absolutes Must ist, läuft noch bis zum 3. Februar in der Toxic Art Gallery.

(Robert Medernach, Galerie Toxic, Zeitung vum letzebuerger Vollek, Febuar 1996)

Between skin and thing, photographies, 1994

C'est le parti pris de Gast Bouschet qui dans sa récente exposition arrive à réduire à néant la prétendue cohabitation difficile du Musée Municipal et de la Galerie Nei Liicht dans un même bâtiment communal. En un seul espace, en l'occurrence la salle qui abrite la section géologique et archéologique, Gast Bouschet a concentré et adapté sa récente oeuvre 'here'.

Correspondances singulières:

Dans cette oeuvre, l'artiste a composé une sorte de grande séquence photographique par laquelle il poursuit sa recherche amorcée d'ici quelques années déjà, et qui porte sur les correspondances singulières, voire mystérieuses ou même métaphysiques entre macrocosme et microcosme. Entre corps et paysages, des rencontres ont lieu, qui s'articulent tantôt en opposition, tantôt en dilution ou liquéfaction, rarement en synthèse harmonique.

Autour de la liaison entre l'histoire de la terre toujours actuelle parce qu'en éternelle évolution, et la morphologie organique du corps humain, Gast Bouschet s'attache à documenter littéralement les transferts et transformations d'énergie entre les corps dont la structure, qu'elles soit géologique ou organique, est soumise à des métamorphoses étranges: le solide se liquéfie, le liquide se solidifie.

Du fait qu'il insiste sur l'imbrication entre les processus naturels et le développement des structures organiques, l'artiste ne perd jamais de vue l'aspect scientifique qui est en effet un catalyseur puissant de la fantaisie et ne fait qu'amplifier le mystère insondable de la vie.

Dans l'exposition, le discours photographique apparaît éparpillé. Il s'insère dans une installation qui évoque, non sans humour, les relations entre les formes de vie fossilisées de la préhistoire et la vie pétrifiée de notre quotidien vécu qui s'enfonce dans un simulacre de conservation dans une société qui se trouve en fait dans un état de lente décomposition.

L'être humain apparaît déchiré, tiraillé entre le malaise profond de la vie aliénante en société et la douloureuse rupture entre lui et la nature. Devant l'impossible retour à la nature dont il s'est coupé net depuis des temps immémoriaux, l'être humain cherche désespérément le rétablissement de l'équilibre, la communion avec l'univers.

Dans cette récente oeuvre de Gast Bouschet, on ressent un malaise profond doublé d'un curieux réconfort, comme le pesant poids matériel de la réalité face à la légèreté aérienne de l'art qui est le refuge de l'âme.

(Franco Leone, Tageblatt, avril 1997)

Here, book published by Galerie Nei Liicht, Ville de Dudelange, 1997

Here, book published by Galerie Nei Liicht, Ville de Dudelange, 1997

J.L.Godefroid: Quel lien existe-t-il entre l'exposition précédente présentée à l'Espace Photographique Contretype et celle-ci?

G.Bouschet: Il y a certains aspects que l'on peut retrouver au travers de tout mon travail. Je traite les images comme un langage, comme une structure musicale mais sans figer leur sens. L'ensemble reste ouvert, en mouvement. Les images peuvent se mélanger différemment. Les rapports entre les choses sont aussi importants que les choses elles-mêmes.

J.L.Godefroid: Au moment où tu réalises les photographies, as-tu une idée précise en tête? Ou bien le fonctionnement des images entre elles vient-il après les prises de vue?

G.Bouschet: Avant, je travaillais selon une idée de départ précise. je faisais même des croquis. En cours de travail, des choses se modifient, le hasard intervient. Ce qui importe le plus, ce n'est pas ce qu'on voudrait démontrer, mais ce que l'on découvre. Et chaque fois que l'on découvre quelque chose, il y a plus de questions soulevées que résolues.

J.L.Godefroid: Schématiquement, ton travail actuel est plus proche de la photographie pur qu'auparavant. par exemple, les portraits de couple superposés d'une de tes séries précédentes partaient d'une idée appliquée, d'une mise en scène développée. Aujourd'hui quand tu photographies une forêt aux Etats-Unis, tu est plus proche d'un paysagiste promeneur...

G.Bouschet: Je suis à la recherche d'un certain type d'endroit. Dans le travail 'Outgrowth', j'ai cherché des lieux où l'intervention de l'homme sur la nature était très présente, où l'on puisse sentir comment l'homme a essayé de domestiquer la nature. J'ai mélangé des photographies d'une forêt vierge du Montana, à la frontière avec le Canada, avec des images du zoo de San Diego, l'un des plus grands et évolués du monde. Là-bas, l'homme a construit une nature idéale, plus vraie que nature puisqu'ils y vivent des espèces animales qui n'existent plus dans la nature sauvage. C'est un rêve de l'homme de faire mieux que la nature. Dans 'here' il y a beaucoup plus d'images de la nature que dans le livre précédent 'between skin and thing'. Les images de 'here' concernent une région précise: il s'agit d'une zone située sur un plateau volcanique. Des traces d'une intense activité subsistent sous forme de sources chaudes, de geysers et de volcans de boue.

J.L.Godefroid: Dans 'between skin and thing', les photos sont faites dans plusieurs endroits. Ton travail a tendance à se resserrer géographiquement dans son évolution.

G.Bouschet: La série 'between skin and thing' traitait la perforation des surfaces, basée sur le fait que le corps comme la terre sont des systèmes ouverts en perpétuel échange avec l'extérieur. Alors que bien souvent, l'on considère le corps humain comme une entité isolée de son environnement. Dans certaines images de la série 'here', on voit la terre qui éjecte de la matière, tout comme le corps.

J.L.Godefroid: La base de ton travail étant l'interpénétration des choses, logiquement il faut que celà fonctionne de la même façon au niveau de l'accrochage.

G.Bouschet: Ma façon d'accrocher est très brute, les images sont simplement épinglées au mur. J'ai envie que mon travail soit très immédiat, non protégé. J'ai toujours l'impression que les photos très léchées nous éloignent de l'essentiel. Je cherche à communiquer de la façon la plus directe possible. Comme il existe un dialogue entre les images, les encadrer rendrait cette relation plus difficile. L'accrochage est simple et éclectique et il permet de réinterpréter la suite des images selon les différents endroits d'exposition.

(Cette entrevue a été réalisée par Jean-Louis Godefroid à l'occasion de l'exposition Gast Bouschet à l'Espace Photographique Contretype, présentée du 9 octobre au 16 novembre 1997)

Between skin and thing, photographies, 1994

Parfois, la peau vue de très près ressemble à un paysage. Mais parfois un paysage, un sol accidenté, une surface rugueuse, un objet fragile ou mou évoquent aussi la peau humaine. En juxtaposant des photographies d'objets ou de paysages aux cadrages inhabituels et des vues rapprochées ou insolites du corps humain, Gast Bouschet efface la frontière nette entre les deux catégories. Le rendu en noir et blanc, ainsi que la surface de la toile photosensible, simplement épinglée sur le mur, comme une peau fragile, accentuent cet effet, rendant presque étrange, inconnu, ce qui est une de nos conditions d'être au monde, c'est-à-dire cette mince couche de séparation entre intérieur et extérieur qu'est l'épiderme...

(Enrico Lunghi, Luxemburger Wort, janvier 1996)

Here, photography 1996