COLLISION ZONE EXTENDED

“Collision Zone” in “The Venice Biennale Projects 1988-2011″
Ten channel video and sound installation
Sound by Y.E.R.M.O. (Yannick Franck, Xavier Dubois).
Mudam Luxembourg, October 13, 2012 – February 24, 2013

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Photos de l’installation au Mudam: Aurélien Mole

COLLISION ZONE AT MUDAM LUXEMBOURG, 2012-2013

La Venise luxembourgeoise

[…] Avant d’obtenir l’assurance d’une présence récurrente à la plus ancienne biennale d’art, le chemin depuis 1988 fut ardu, mais la récompense fut à la mesure de la détermination puisqu’à la barbe des grandes nations, en 2003, le pavillon et l’artiste Su-Mei Tse reçoivent le Lion d’or, suprême récompense, amplement méritée. Bien que la manifestation soit l’un des meilleurs tremplins pour une carrière internationale, tous les participants ne peuvent, loin de là, s’enorgueillir d’une telle réussite à l’exemple toujours relatif des Bert Theis, Simone Decker, Su-Mei Tse et du duo Gast Bouschet & Nadine Hilbert dont la prestation vidéo reste l’une des plus marquantes […]

(Claude Lorent, La Libre Belgique, samedi 29 et dimanche 30 décembre 2012)

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COLLISION ZONE AT MUDAM LUXEMBOURG, 2012-2013

Venedig sehen und … wiederkommen

[…] Zwei Beiträge verdienen es, besonders hervorgehoben zu werden[..] Da wäre zum einen
Antoine Prums Kunstfilm “Mondo Veneziano[…] Zum anderen muss die Video- und Sound-Installation “Collision Zone” von Gast Bouschet und Nadine Hilbert erwähnt werden, die unter Zuhilfenahme von Day-for-Night-Filtern das danteske Panoptikum einer schmutzigen Randzone, nämlich der “Festung Europa”, ausbreitet und von einer unterschwelligen Gewalt dermaßen durchtränkt ist, dass man nur sprachlos davorstehen kann. Ganz große Kunst!

(Jérôme Netgen, Woxx Nr 1185, 2012-10-18)
http://www.woxx.lu/id_article/5966

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The mouse that roared

Contre toute attente, à partir de 2003, tout devint plus difficile. Su-Mei Tse venait de remporter le Lion d’or avec son pavillon Air conditioned, sous le commissariat de Marie-Claude Beaud, alors directrice du Mudam. « Je n’ai pensé qu’à l’exposition, dit l’artiste dans un entretien vidéo, pas une seule minute je ne m’étais dit que c’était aussi une compétition. » Je me souviens de la frénésie de l’équipe luxembourgeoise à Venise lors de la remise des prix, de la joie sans bornes le soir, sur le vaporetto loué pour le vernissage, lors duquel on n’attendait que des stars, de ce mélange de fierté et d’étonnement, l’air de ne pas y croire encore : We did it ! « Nous », ce minuscule pays avec une scène artistique tout juste embryonnaire, qui n’occupait un pavillon fixe dans ce grand cirque de l’art contemporain vénitien que depuis 1999, dont le Musée d’art moderne, organisateur de ce pavillon, n’avait même pas encore de bâtiment et où on ne pouvait pas vraiment parler de marché de l’art, nous avions gagné contre les grandes nations qui dominent depuis toujours Venise, sa compétition, et, par conséquent, le marché de l’art international, États-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne.

Lors de la participation suivante, 2005, Antoine Prum ne pouvait quasiment faire autrement que de déconstruire ce mythe, non, plusieurs mythes en même temps, ce qu’il fit magistralement avec son film Mondo Veneziano High Noon in the Sinking City, une histoire de vengeance sanglante jouant dans le milieu de l’art, filmée dans les décors de cinéma construits par Delux (pour le tournage de The Secret Passage d’Ademir Kenovic, qui allait devenir un flop monumental, mais c’est encore une autre histoire) sur la friche de Terres-Rouges à Esch-sur-Alzette. Dans une seule oeuvre, il démonte aussi bien l’illusion vénitienne, et son pendant luxembourgeois qui s’avère être cette façade Potemkin qu’indiquait le pavillon Potemkin Lock de Bert Theis aux Giardini dix ans plus tôt , que le discours et le mode de fonctionnement du monde de l’art.

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Atelier Luxembourg The Venice Biennale Projects, actuellement au Mudam, montre un quart de siècle de participations luxembourgeoises à la biennale d’art contemporain de Venise, soit douze projets d’artistes. Enfin, onze, parce que Jill Mercedes, 2007, a refusé de reconstruire son Endless Lust dont elle estime qu’il était fait pour ce lieu spécifique qu’est la Ca’ del Duca dans cette ambiance unique qu’est Venise en été, et qu’elle ne pouvait pas le déplacer ailleurs et a fortiori dans une institution comme le Mudam. Au plus tard depuis 2003, Enrico Lunghi, le directeur du Mudam, est devenu en quelque sorte l’historien officiel des participations luxembourgeoises à Venise, enthousiaste inconditionnel de ce qu’il appelle une « success story ». Le Luxembourg à Venise est devenu son dada, déjà avant cette exposition, il enchaînait articles et publications rétrospectifs et conférences sur le sujet. Car le Luxembourg à Venise, c’est cette réussite inattendue en finalement assez peu de temps que les pavillons aux foires commerciales, comme à la World Expo à Shanghai en 2010, ou les sportifs de haut niveau ne réussissent pas vraiment. Comment a-t-on pu passer de ce « joyeux dilettantisme » que décrivent les Patricia Lippert, Moritz Ney, Marie-Paule Feiereisen, Jean-Marie Biwer et Bertrand Ney, qui y sont allés dans les années 1980-1990, à un professionnalisme tel qu’il ait pu être pris au sérieux par ses pairs ?

L’exposition du Mudam continue ce storytelling un brin naïf et, il faut l’avouer, aussi assez chauvin de la victoire de David contre Goliath, et la presse reprenait en choeur la litanie lancée par le Mudam et la ministre de la Culture : c’est incroyable, qu’est-ce qu’on est super, voilà enfin que l’on a la reconnaissance qu’on mérite. C’est un peu le « Wir sind Papst ! » du milieu de l’art autochtone. La rétrospective, pourtant, démontre aussi à quel point les questions de place, de lieu, d’espace dominèrent toutes les réflexions des artistes qui étaient sélectionnés pour aller à Venise entre, en gros, les luttes des premières années pour trouver ne seraient-ce que quelques mètres carrés dans la pavillon italien, l’action subversive de Bert Theis de s’implanter entre les pavillons fixes des voisins, le grand vide de Luc Wolff, les illusions optiques de Simone Decker dans le ville et les tentatives d’occuper les lieux par Doris Drescher et Jill Mercedes. Il semblerait que seul le geste libérateur d’Antoine Prum, jeu d’illusions proche de l’allégorie de la caverne de Platon, et son multiple meurtre symbolique a pu ouvrir la voie à d’autres propositions, comme la Collision Zone de Gast Bouschet et Nadine Hilbert (2009), ambiance paranoïaque sur les nouvelles peurs de l’Europe vis-à-vis de l’Afrique, travail politique et esthétique à la fois, qui fait un pied de nez aux considérations inhérentes au cirque de l’art.

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Au-delà d’être un succès populaire, avec quelque 26 000 visiteurs jusqu’à présent (ce qui en fait la quatrième exposition la plus visités du Mudam), Atelier Luxembourg est une bonne exposition, un rappel pour tous les fanatiques inconditionnels de la grande manifestation vénitienne (la prochaine aura lieu cet été, le Luxembourg y sera représenté par Catherine Lorent), et une manière de découvrir les différents univers pour ceux qui n’ont pas pu faire le voyage. Elle s’ouvre majestueusement sur le Potemkin Lock de Bert Theis, cette structure légère et provisoire qui occupait un vide, structure blanche, Venice Rap avec des paroles de Duchamp en bande sonore et transats sur un tapis d’écorces. L’oeuvre devient ici plus noble qu’elle ne l’était là-bas. Puis on déambule vers la droite, pour commencer sur une frise faisant l’historique, avec tout de suite ce Lion d’or exposé comme un monument national. Les tableaux et sculptures des précurseurs sont exposés « beaucoup mieux ici qu’elles ne le furent à Venise, » estime Marie-Paule Feiereisen dans un entretien vidéo, alors que dans l’autre aile, Su-Mei Tse et Doris Drescher partagent la grande salle avec leurs oeuvres fragiles et intimistes, dessins, vidéos, nouvelles installations. Simone Decker et son espace infini plié ainsi que ses photos de chewing-gum surdimensionnés occupent le petit pavillon, alors que Luc Wolff a créé une nouvelle oeuvre pour l’espace sous le grand escalier en colimaçon menant vers la cave : son Magazzino luxembourgeois refait le même vide qu’à l’époque (1997) à Venise, mais avec d’autres moyens, ce qu’il a pu trouver dans les stocks ici. La présentation de Mondo Veneziano d’Antoine Prum pâtit des conditions dans cet auditorium catastrophique du Mudam, pas vraiment pensé pour des projections et dont à la fois l’écran (trop petit) et le son (trop faible) s’avèrent à chaque fois desservir les oeuvres. Restent les deux installations des deux duos Martine Feipel & Jean Bechameil, dans une aile de la cave, et de Gast Bouschet & Nadine Hilbert, dans l’autre, qui sont toutes les deux très réussies dans leur adaptations luxembourgeoises : deux univers très forts, le premier, Le Cercle fermé, avec son dédale de couloirs, de meubles et de colonnes qui s’affaissent, et le deuxième avec une ambiance inquiétante et un son vrombissant dans lequel on ne peut que s’engouffrer, plus condensée ici, sur un seul espace, qu’elle ne le fut à Venise.

(Josée Hansen, d’Land 22.02.2013)

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COLLISION ZONE LIVE AT GRAND MANEGE, FESTIVAL DE LIEGE, BELGIUM 2011

Kartographisches Denken
Edition Transfer/SpringerWienNewYork
by Christian Reder

Publisher: Springer; 1 edition (May 29, 2012)
ISBN13: 9783709109946
ISBN10: 3709109949

Kartographisches Denken versammelt, ausgehend von Beiträgen zur Geschichte der Kartographie und zahlreichen, überwiegend eigens konzipierten künstlerisch-experimentellen Beispielen, Positionen zu zeitgemäßen, problemorientierten Darstellungsweisen von Landkarten, Weltansichten und Weltausschnitten’ sowie zur Problematik von Orientierungstechniken bis hin zu Suchmaschinen und heute adäquaten Weltbildern. Von Astrophysik und Astronomie bis hin zu Partituren experimenteller Musik, von den nächsten Etappen der renommierten Le Monde-Atlanten bis zu programmierbaren Globen, von medientheoretischen Analysen bis zu Darstellungsformen heutiger Weltprobleme reicht das Spektrum. Verbindende Leitlinie ist das Orientieren in einer visuell geprägten Welt.

Roland Schöny
Kartographische Aspekte künstlerischen Forschens.

Auszug:

[…] In diese neuralgischen Gebiete im Süden Europas, wo der Kontinent sich militärisch abschließt, während sich die Hoffnungen vieler niemals erfüllen, nachdem sie im für sie unwegsamen Küstengebiet von Sizilien oder Gibraltar aufgegriffen wurden, führt auch die Installation Collision Zone von Gast Bouschet & Nadine Hilbert (Zusammenarbeit seit 1990, Luxemburg/ Brüssel) ihren Fokus. Als Beitrag Luxemburgs auf der Biennale Venedig 2009 in einem im Dunklen topographisch nur sehr schwer erschließbaren Raum führten Videoprojektionen in ein düsteres multiperspektivisch aufgebautes Szenario: heruntergekommene Wohnkästen, Sedimente des spätmodernen Funktionalismus. Es drängen sich irgendwo Farbige durch die Gassen, während unklar ist, ob der Blauton im Bild die Atmosphäre der schützenden Nacht zum Ausdruck bringt oder an den Blick durch Suchgeräte mit Restlichtverstärker erinnern soll. Die Präsenz weithin sichtbarer, dämonisch wirkender Radartürme signalisiert in jedem Fall, dass das Küstengebiet unter Kontrolle steht. Bruitistische elektro-akustische Sounds des belgischen Duos Y.E.R.M.O. wie die Geräusche tektonischer Verschiebungen, die von verschiedenen Seiten anschwellen, erhöhen die Dramatik, die sich da ins Irreale steigert, wo das Gesicht einer einem Golem ähnlichen Gestalt ins Bild rückt.

Gast Bouschet & Nadine Hilbert bringen das Thema der realen, polizeilich gesicherten Grenze zwischen den Kontinenten auf eine symbolisch aufgeladene Ebene, in der sie als beunruhigende Vision auf verschiedenen Ebenen von der Angst vor dem Ungewissen erzählen. Im Gegensatz zu analysierenden künstlerischen Arbeiten, die Fakten vermitteln, lassen sie die Bezüge zur Realität offen, um möglichen Gefühlen nachzugehen, die das Erkunden neuen Terrains unter der enormen Angst, aufgegriffen zu werden, begleiten können. Doch auch umgekehrt stellt sich die Frage nach jenen xenophoben Projektionen, welche die Verfolgung der Unbekannten an den Küstenstreifen im Süden Europas motivieren. Nur schwer scheint es möglich, sich solchen Bildern wieder zu entziehen, führen sie doch ähnlich wie recherchierend analysierende Arbeiten an die unaufgelösten Konflikte der Gegenwart heran.

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COLLISION ZONE LIVE AT GRAND MANEGE, FESTIVAL DE LIEGE, BELGIUM 2011
Curator: Jean-Louis Colinet

Collision Zone, une performance au titre évocateur

En 2011, pour sa sixième édition, le Festival de Liège présentait ses programmes avec, écrits en rouge sur noir, les mots “Théâtre-danse-musique”. Le message était clair, affirmé et tranché : il n’y aurait pas que du théâtre cette année, et un renouvellement s’annonçait. Jean-Louis Colinet, directeur du Festival de Liège, précise qu’il ne s’agit pas, pour lui, de montrer sur scène des spectacles au ton plus traditionnel ou grand public, mais bien de prendre des risques notamment en dénichant de nouveaux talents de la scène belge et française. Il s’agit selon lui de « renouveler le théâtre » avec des jeunes qui « ont quelque chose à dire plutôt qu’une volonté de démonstration d’un savoir-faire ».  La proposition d’une distribution et de collaborations hétéroclites n’était pas nouvelle pour le Festival de Liège. Elle fait bel et bien partie de sa politique depuis le début, et ce dernier avait déjà acquis, au cours des dernières éditions, une certaine diversité d’approches thématiques et scéniques. Avec sept créations pour le Festival en 2011 et la présence de jeunes figures émergentes, le théâtre allait s’enrichir de multiples nouveaux langages, qu’ils soient issus de la danse, de la musique, ou des nouvelles technologies. Le Festival de Liège n’allait plus seulement interroger le présent, il allait l’utiliser comme une trame, l’investir, l’intégrer, voire même l’ingérer.

Cette ouverture à de nouvelles approches et de nouveaux médias a été poussée jusqu’à son paroxysme en proposant Collision Zone, une performance de quarante minutes avec des projections visuelles de Gast Bouschet et Nadine Hilbert, et des improvisations musicales du jeune groupe électroacoustique belge Y.E.R.M.O (avec Yannick Franck et Xavier Dubois).

Insérer cette oeuvre-performance au sein de la programmation était un acte fort, inhabituel, et par conséquent véritablement périlleux, d’autant plus que les programmes restent assez ésotériques dans leur présentation des spectacles afin que le public ne soit pas désenchanté par une découverte trop précoce de ce qui va leur être montré. Par sa forme même, le spectacle était une performance au sens courant du terme. Il  montrait sur une scène deux musiciens qui improvisaient sur des images photographiques et vidéographiques projetées sur trois écrans distincts placés à côté de la scène et derrière les spectateurs. Ces derniers étaient assis au centre de la salle et se trouvaient ainsi au cœur même du dispositif. Bien que ce type de dispositif ne soit pas véritablement neuf, car on peut en trouver de similaires dans des galeries d’art ou des soirées destinées à un public intéressé par les arts contemporains, il demeurait singulier ici grâce un geste : celui de placer ce type de spectacle au coeur de la programmation d’un festival d’habitude principalement théâtrale. D’ailleurs, des clivages générationnels et des dissensions ont témoigné de la force et de l’intensité de ce qui était proposé. Les mots de Collision Zone servaient alors autant à désigner le spectacle par son titre que pour témoigner des réactions d’un public fort divisé.

Collision Zone tirait effectivement son nom des “zone de collision” c’est-à-dire d’aires géographiques où deux plaques tectoniques continentales se rencontrent en créant des reliefs accidentés. La métaphore lancée gagnait d’autant plus en puissance avec des projections d’images montrant des lieux désolés et indéterminés à la fracture entre deux univers. Si le programme parle d’une performance qui dénonce le schisme « entre l’Europe et l’Afrique […]. avec la Méditerranée comme frontière géographique et une Europe forteresse de en plus fermée à l’immigration comme frontière sociale et psychologique […] »,Collision Zone fait plus que « [restituer] la réalité physique de ce clivage sous la forme de séquences d’images tournées dans des zones géographiques à la lisière des deux mondes ». Il place son spectateur dans une ambiance lourde, sombre et grondante avec des projections visuelles froides, bleutées, dans un schéma de montage expérimental et non narratif . Le tout accompagné d’improvisations musicales qui n’étaient pas des mélodies, mais bien des sonorités graves, inquiétantes, troublantes, pour interférer à nos oreilles comme des bruits.Effectivement, les vibrations des basses mettent l’oreille à l’épreuve et la performance des deux artistes devenait également celle d’un public maintenu assis, figé.

Il s’agissait bien d’une expérience collective qui poussait certains jusque dans leurs retranchements. Cela contrastait avec le calme et la lenteur du défilement des images contemplatives de la nature qui invitaient à la méditation. Toutefois, Collision Zone en performance plutôt contrastée, n’en était pas à son seul paradoxe. Les images montraient tantôt des hommes en proie à la répétition de la vie et à la solitude des grandes villes, tantôt des zones urbaines comme vidées d’humanité. Tandis qu’il ne subsistait de la nature que quelques carrés de terre accidentée, il ne demeurait de l’homme que son absence et la trace qu’il laissait sur la nature avec ses terrains vagues, ses buildings dressés comme d’étranges boîtes rectangulaires toutes similaires les unes aux autres, avec ses forêts d’antennes, les seules à suggérer un ultime moyen de communication entre les hommes. Cette fracture suggérée de la couche terrestre renvoyait à celle causée par des hommes qui peinent à aller à la rencontre de l’autre. En ces lieux, aux frontières de la xénophobie et de l’angoisse, pas un seul animal ne semble survivre, si ce n’est un insecte. Cependant, même cette créature paraissait menacée par la présence de la toile d’araignée sur laquelle elle était en train de progresser. La métaphore de la toile d’araignée revenait à maintes reprises et faisait écho à une architecture de la peur, dans les limbes où l’on ressentait que les hommes étaient comme divisés par des murs invisibles. La triste industrialisation du monde était également perceptible, non seulement dans les images projetées, mais également dans le fascicule distribué à l’entrée du spectacle, pour en retracer entièrement la composition visuelle. Dans ce document, photogramme par photogramme, la sérialité, la répétition de l’absurde des traces de la vie citadine sautait davantage aux yeux.

Ainsi, sans instrumentaliser ou théâtraliser excessivement ses deux musiciens, la performance improvisée, unique, évanescente et éphémère, était une expérience à vivre qui cherchait par son dispositif à plonger le spectateur dans une sorte de méditation ou à créer des brèches, des passages vers d’autres formes de conscience en altérant l’appréhension du réel. En explorant les limites perméables qui existent entre le réel et le virtuel dans la représentation, Collision Zone s’est vraiment proposé comme un spectacle examinant toutes les facettes d’un monde fracturé, fragmenté et fait de frontières invisibles mais pourtant très palpables. Tout en étant lui-même, par son intensité et sa singularité, une potentielle “limes” ou une zone liminale entre deux mondes.

Ariane Detilleux (Mars 2011)

Collision Zone Live at Grand Manège, Festival de Liège, Belgium 2011
Please TURN UP THE VOLUME for the music when watching

[…] Un parcours fascinant dans un labyrinthe d’images bleutées sur la musique improvisée de Y.E.R.M.O. (Jean-Marie Wynants, le soir, 25 janvier 2011)

[…] Collision Zone, une performance à la singulière étrangeté au sein de la programmation d’un  festival de spectacles vivants et des arts de la scène qui se centre généralement sur le théâtre.

C’était une expérience à part entière mettant en présence, dans la salle obscure du Manège, des improvisations électroacoustiques des deux membres du groupe Y.E.R.M.O. seuls en scène, et des images bleutées projetées sur trois grands écrans par Gast Bouschet et Nadine Hilbert.
Par son dispositif, ce spectacle ne tentait pas de dissimuler ses musiciens, mais les plaçait à l’avant-plan sur la scène même. Bien que relativement dissimulés dans une pénombre savamment recherchée pour ne pas interférer avec la projection des images, les deux musiciens constituaient la seule présence vivante de ce spectacle.

Cette oeuvre engagée dénonçait, par l’articulation de sonorités électroniques expérimentales et d’images vidéographiques, le clivage grandissant entre les continents africain et européen au travers, notamment, des problèmes suscités par les politiques de gestion de l’immigration en Europe.

Le choix de Y.E.R.M.O. pour réaliser des improvisations n’avait rien d’étrange quand on considère ces propos de Yannick Franck :

« Je crois que j’ai une pulsion créatrice omniprésente et assez affirmée, stimulée par un rapport singulier au monde, marqué en fait par un sentiment de profond désaccord et de non-appartenance à mon contexte, quel qu’il soit. J’essaie surtout de créer un dialogue avec ce contexte et de trouver des stratégies pour le comprendre et y définir ma position. Quelle que soit la discipline à laquelle j’ai recours, je cherche à créer des brèches, des passages vers d’autres états de conscience, à altérer notre appréhension du réel. Ça explique en définitive pas mal de mes activités »[…]

[…] «J’aime en fait tout ce qui transpire une certaine ferveur, une force, une rugosité. Je n’ai jamais accordé aucune importance à la virtuosité ou à la technique. Je crois qu’il faut faire corps avec les outils, les instruments que l’on choisit en tant que musicien, et surtout exprimer une certaine urgence, affirmer notre étrangeté au lieu de tenter de la cacher» […]

Ariane Detilleux

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COLLISION ZONE IN HOSTIPITALITY – RECEIVING STRANGERS, MUZEUM SZTUKI, LODZ, POLAND, 2010

Collision Zone (as a 10-channel video installation displayed in 5 museum rooms) was part of Hostipitality: Receiving Strangers at Muzeum Sztuki Lodz, Poland from 17 September until 17 October 2010.

Participating artists and groups: Monica Bonvicini, Gast Bouschet & Nadine Hilbert, Alexandra Croitoru, Jens Haaning, Agnieszka Kalinowska, Kolektyw Minaret, Adrian Paci, Joanna Rajkowska, Doris Salcedo, Société Réaliste, Krzysztof Wodiczko

Curators: Kamil Kuskowski, Jaroslaw Lubiak

The Soundtrack of our video installation was made in collaboration with Y.E.R.M.O. (Yannick Franck and Xavier Dubois).

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Collision Zone in Hostipitality: Receiving Strangers, installation view, Muzeum Sztuki Lodz 2010

Hostipitality: Receiving Strangers aims to raise the question of the situation of immigrants, or more broadly, of our relation to strangers. Our relationship to strangers makes migration — now a key factor in transforming life — one of the most crucial and urgent problems for societies to deal with.

Hostipitality is a notion coined by Jacques Derrida to show how closely hospitality is intertwined with hostility. Because of this interconnection, it is easy to treat guests as enemies. The term is especially helpful in describing what happens to immigrants, whether legal or not. They are received with a hospitality which is lined with barely concealed hostility. That is, even if hospitality is granted them, it is often accompanied by the suspicion that the stranger has hostile intentions.

The exhibition Hostipitality: Receiving Strangers explores the radical aesthetics proposed by artists confronting increasingly restrictive politics and growing resentment against immigration. This aesthetic is, on the one hand, created by works depicting a gloomy landscape of exile where the immigrants are condemned to live. On the other hand, it is created by pieces that provide critically or analytically oriented perspectives on our approaches to receiving strangers. Through this juxtaposition, the exhibition is meant to prompt reflection on our attitudes, views and actions, and to make a contribution to a public debate concerning the immigrants’ situation in Poland and the EU.

Jaroslaw Lubiak

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“Hostipitality, Receiving Strangers”; catalogue pages, Publisher: Muzeum Sztuki Lodz

[…] A ten-channel video installation by Gast Bouschet and Nadine Hilbert is something more than an attempt at showing the dramatic situation of the borderland, of the “collisions” mentioned in the title of their work. It is about something more than just sharing the experience of the border-line at the threshold which the European Union uses to divide itself from Africa. Touching images augmented by an extraordinary soundtrack, deeply penetrating our bodies and psyche, are not merely a suggestive work of art. They also spring from the effect of alienation, a traditional motif in modern art – and that is why the viewers, trapped by the installation, can come closer, if only a little, to the experience of foreigners confronted with a threshold we use in order to be separated from them. One can say that is why the work of Bouschet and Hilbert changes into a request for forgiveness, directed on our behalf to those whose interpellation we try not to notice. If we are to believe Derrida that “the welcoming one [a host – J.L.] must forgive the welcomed one [a guest – J.L.]” and that “the welcoming one must ask for forgiveness from the welcomed one”, and if forgiveness is the precondition of the possibility of hospitality, then Bouschet’s and Hilbert’s work acts for the establishing of the politics of hospitality, using the power of its dark influence to this end. The politics of art which the artists follow sets the law of hostility in opposition to forgiveness that opens the possibility of what Derrida has called “absolute, unconditional, hyperbolical hospitality”[…]

Jaroslaw Lubiak, extract from “Politics of Hospitality” (catalogue text)

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“Hostipitality, Receiving Strangers”; catalogue pages, Publisher: Muzeum Sztuki Lodz

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Collision Zone in Hostipitality: Receiving Strangers, installation view, Muzeum Sztuki Lodz 2010

Collision Zone, the title of our work is a term used in plate tectonics. It designates a zone where continental plates clash. Tectonics tell us that continents move and the African continent is actually moving towards the European continent. These are very slow processes and Africa moves towards Europe at the speed of 4 or 5 centimeters per year. That is the same speed as our fingernails are growing. So, one day the Mediterranean Sea will be closed and the natural border between Africa and Europe will have disappeared.

Our title is of course also a metaphor for immigration issues at the border between Europe and Africa. The Mediterranean has become one of the most surveilled maritime spaces in the world. In the last ten years, thousands of African so called ‘illegal’ immigrants died while trying to cross the Mediterranenan Sea. We filmed Collision Zone in the straits of Gibraltar and Sicily, where Africa and Europe are at its closest distance. So, geopolitical and social concerns about the Mediterranean region are highly relevant to our work. But immigration is only one aspect of our work. Collision Zone transcends political and social issues to question our position as human beings in the world. In our films, we want to treat everything that exists on equal footing, and we depict human beings the same way as animals, insects or even inanimate matter.

The exhibition at Muzeum Stuki refers to a text by Jacques Derrida entitled hostipitality. In his text, Derrida speaks about this hospitality towards the non-human, the divine, the animal or plant. He speaks about hospitality as a fundamental openness towards all creatures. This approach is essential to our work. In Collision Zone, humans are depicted as rather insignificant, in a way as we usually look at insects or lower life forms. Besides the fact that our work reflects Europe’s typically suspicious look at intruders, this view also reflects the horror of our human insignificance in the universe. Viewed from a perspective where we all inhabit a seemingly common earth, borders between countries and exclusion of strangers seem quite senseless and even a bit surreal. Collision Zone thus questions Anthropocentrism, the concept that human beings regard themselves as the central and most significant entities in the universe. Our work reflects a kind of weird realism, a reality operating beneath the layers of meaning that we are usually confronted with when we talk about immigration, hospitality or hostility. Collision Zone is not an observation or a documentary recording of a socio-political situation, but an experimental essay on our living on planet Earth.

(Transcript of a speech given by Gast at the press conference at Muzeum Stuki, Lodz)

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THE CROSSING IN ELO / INNER EXILE OUTER LIMITS, MUDAM LUXEMBOURG, 2008
(The mirror piece on the right is by Simone Decker)

Video and sound installation, in collaboration with Y.E.R.M.O. (Yannick Franck and Xavier Dubois)
Curator: Christian Mosar

An altered version of The Crossing was also part of
SHORT TRACKS, WIELS CENTER OF CONTEMPORARY ART, BRUSSELS 2009
Curator: Charles Gohy

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FRINGE THINGS [AGAINST EMPIRE] IN ECOTONE, CNA DUDELANGE, LUXEMBOURG
Video, photography and sound installation
DISPLAY01, Centre National de l’Audiovisuel, Luxembourg, 2009 / 2010
Curator: Michèle Walerich

… Fringe things [against Empire] by Gast Bouschet and Nadine Hilbert plunges us into a captivating acoustic and visual universe by way of a recurrent artistic iconography in their work: a night-blue-hued atmosphere, references to the animal world, the blurring of spatial bearings between the micro and the macroscopic, the play of correspondences between the fixed image and images in movement.

In their installation, the world seems to quiver in the expectation of a sudden toppling or just after a collision. Spider webs weave in an autistic space and touch upon existential questions, balances of power between dominator and dominated – reflecting the geopolitical situation of a world in constant movement.

(Michèle Walerich)

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Fringe things [against Empire], Video, photography and sound installation 2009

… Ce passage naturel fait la transition vers des modes de présentations de la photographie plus contemporaine dans l’exposition. Trois moniteurs diffusent les images oppressantes de Gast Bouschet et Nadine Hilbert. Gast Bouschet explique à propos de ce travail: Il s’agit d’une extension sur les bords de ce que nous avons présenté à la Biennale de Venise cette année. Cela entre bien dans le contexte de cette exposition entre-deux mondes, comme notre travail à Venise, qui se situait entre l’Afrique et l’Europe. Transition entre la civilisation et intrusions naturelles comme les araignées qui envahissent les territoires. C’est un voyage entre l’image en mouvement et l’image fixe.

(Didier Damiani, d’Land Kultur, 25 décembre 2009)

Schon bei den Rainy Days spielten die blau-schwarzen Videoinstallationen von Gast Bouschet und Nadine Hilbert eine zentrale Rolle. Nicht erst seit ihrem im Rahmen des Festivals live performten Biennale-Projekt Collision Zone stehen die beiden Künstler im Fokus der aktuellen Luxemburger Kunstszene… Damit ist die vom Künstlerduo ausgestellte Installation Fringe things [against Empire] ein Fingerzeig auch für die anderen Werke. Schliesslich geht es um Spannungsverhältnisse – ob physisch oder psychisch, die die insgesamt sieben Künstler ganz unterschiedlich beschreiben…. Ein herrlich dichter blick in die menschliche Natur. Sehenswert!

(Daniel Konrad, Luxemburger Wort, 21 Dezember 2009)

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COLLISION ZONE LIVE AT PHILHARMONIE LUXEMBOURG
In collaboration with Otobong Nkanga and Y.E.R.M.O. (Yannick Franck and Xavier Dubois)
Curator: Christian Mosar

Rainy Days Festival
Dimanche / Sonntag / Sunday
29.11.2009 20:00
Philharmonie Luxembourg / Espace Découverte
Coopération avec le Pavillon Luxembourgeois pour la 53. Biennale di Venezia et Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain

Eine besonders intensive Verschmelzung von «Musik» und «Message» innerhalb der rainy days 2009 führt die Collision Zone vor Augen – denn unter der Federführung von Gast Bouschet und Nadine Hilbert versteht es sich von selbst, dass hier die beredte Bildsprache der Fotografie, des Videos und der Bildenden Kunst den Ton angibt und die ‹Artikulationsschwierigkeiten›, die aus der Perspektive der Musik oft den Blick auf die Botschaft verstellen, kein Thema sind. Die starke atmosphärische Sogwirkung der seltsam nachtblauen Bilder – aufgenommen an der Mittelmeerküste bei Gibraltar und Sizilien, an der streng überwachten Grenze zwischen Europa und Afrika – wird durch die Musik des Brüsseler Dark-Ambient-Duos Y.E.R.M.O. und der aus Nigeria stammenden Künstlerin und Sängerin Otobong Nkanga kraftvoll verstärkt. Die 40-minütige Performance in der Philharmonie ist dabei gewissermaßen das ‹konzertante› Gegenstück zu der viel diskutierten Videoinstallation des Luxemburger Pavillons auf der diesjährigen Biennale von Venedig.

(Bernhard Günther)

Please TURN UP THE VOLUME for the music when watching

Collision Zone propose une fusion particulièrement intense de «musique» et de «message» au cœur de rainy days 2009 – signé par Gast Bouschet et Nadine Hilbert, c’est l’éloquent langage des images de la photographie, de la vidéo et de l’art visuel qui donne le ton, une approche très différente de celle de compositeurs pour qui la musique peinerait à exprimer par elle-même un message particulier. L’atmosphère hypnotique des photos d’un étrange bleu-nuit, prises sur la côte méditerranéenne de Gibraltar et de la Sicile, à la frontière étroitement surveillée entre Europe et Afrique, est renforcée par la musique du duo bruxellois Dark-Ambient Y.E.R.M.O. et de l’artiste et chanteuse nigérienne Otobong Nkanga. La performance de 40 minutes donnée à la Philharmonie est en quelque sorte la version «concert» de l’installation vidéo présentée avec grand succès au Pavillon Luxembourgeois de la Biennale de Venise 2009.

(Bernhard Günther)

Verstörende Kollisionen

Live-Version des Luxemburger Venediger Biennale-Projets
Was noch vor kurzem als Installation im Luxemburger Pavillon auf der 53. Biennale in Venedig zu sehen war, wurde am Sonntagabend zur Multimedialen live-Performance im Espace Découverte… Kernthema, so erklärte es der ‘rainy days’ Festivalkatalog, war eine Auseinandersetzung mit den Verwerfungen und Bruchlinien zwischen Afrika und Europa. Die Aufnahmen, die das Team an dem nahen Berührungspunkt der Kontinente bei Gibraltar produziert hatte, dienten als Material zur Dokumentation physischer and anderer Gegensätze wie Mentalität, Kultur und Denkstrukturen. Leztlich ein infernalisches Statement zur Sensibilisierung für den Status Quo in einer Region, die den ständigen Spannungen in vielerlei Ebenen unterworfen ist […]

Kryptik der Bilder:

[…] Die Aufrechterhaltung der Spannung und die Erwartung, dass in jedem Moment das Fass überläuft, sind allgegenwärtig. Ohrenbetäubend inszenierten die Musiker von Y.E.R.M.O. die Bilderflut mit oft belastendem, elektroakustischen Rauschen. Ein wabernder, spannungsgeladener diffuser Klangteppich entfaltete raue Musikkraft. E-Gitarre und Stimme wurden transformiert mit bearbeiteten Mischklängen mit dynamischen Schwerpunkten. Das daraus entstandene Klangbild mit der Videoprojektion erinnerte stark in der Grundlage an berühmte Sequenzen aus Stanley Kubricks Meisterwerk 2001-A space odyssey. So ist Collision denn auch als Fortführung und Weiterentwicklung solcher filmischer Konzepte gedacht. Allerdings erleichtert die immer zunehmende Kryptik der Bilder nicht das Verständniss der Assoziationen. Wenn man dem Ganzen schon eine politische oder auch gesellschaftliche Dimension ausserhalb der reinen Kunstform unterlegt, braucht es klarere Benennung. Sonst droht die Performance als reine Eigenaussage zu verpuffen.

(Daniel Conrad, Luxemburger Wort, 1 Dezember 2009)

CZext5

Y.E.R.M.O. – ‘COLLISION ZONE’ CD
(Idiosyncratics)

Tracklist

01 Solid Distance 8:20
02 Black Core 6:40
03 The Crossing 2:59
04 Sulphur And Flies 6:45
05 You Are That 8:15

Music written, performed and recorded by Yannick Franck and Xavier Dubois
Additional drums by Jason van Gulick
Visuals and field recordings by Gast Bouschet and Nadine Hilbert
Mastering by James Plotkin.
Ltd edition of 500 copies.

The CD is SOLD OUT.

The album is an extension of a soundtrack produced by Y.E.R.M.O. in collaboration with conceptual and visual artists Nadine Hilbert & Gast Bouschet

There are several categories this album could fit into: dark ambient, drone, noise, ritual music… Industrial screechings are here combined to distorted guitars, discreet percussions and a whole lot of field recordings (tweetings, sounds of flowing water, rain and thunder, scratchings, insects’ buzzings, soundscapes of all kinds) which evoke at the same time the coldness of an industrialized environment and the rapture of men in front of the natural world. This confrontation between two universes is apparently the album’s recurring theme and the feelings that come out of it are pretty mixed: as the listener may be haunted by the dark atmospheres, he also may feel like he’s taken to a journey which will rouse his fascination. It’s that duality that makes this record interesting to me. – Olivier Noel (Connexion Bizarre)